<![CDATA[NC]]> http://problemesarabes.dzblog.com NC fr Mon, 01 May 2006 19:52:17 GMT Mon, 01 May 2006 19:52:17 GMT dzblog.com v0.2 <![CDATA[Introduction]]> http://problemesarabes.dzblog.com/article-40431.html présentation

 

Le Monde Arabe forme une entité géopolitique dont on à coutume de tracer les frontières à partir de critères culturels.L'usage de la langue arabe même si elle cohabite avec d'autres langues ainsi que le partage d'une culture commune issue de l'époque de la domination arabo-musulmane, sont les démoninateurs communs de ce vaste ensemble.

La plupart des pays du Monde arabe sont regroupés au sein de la ligue arabe:

Pourtant, parlerdu monde Arabe c'est d'emblé abstraire arbitrairement celui-ci du Monde musulman, dont l'histoire nous montre que si l'emergence de l'islam à provoquer l'extraordinaire floraison de la civilisation arabe, le declin des arabes n'etait pas forcément synonyme d'un epuisement de la civilisation islamique.
 
Bien que L'islam forme le noyau dur de l'identité arabe, nous devons préciser que la religion musulmane transcande celle-ci et que le Monde musulman ne se reduit pas uniquement à une arabisation culturelle.
 
A cela s'ajoute en effet une islamisation religieuse qui comprend des parties de l'Afrique Noire, les côtes de la corne de l'Afrique, l'Indonésie et les Philippines où les populations entrent en contact avec la religion des négociants venus faire le commerce de denrées rares.
 
 
Le Monde musulman est dit en crise. faisant partie du tiers monde, il serait en retard s'agissant de la modernité. le developpement economique, le progrès technologique, la libéralisation politique ainsi que le developpement culturel formeraient les principales pierres d'achoppement.
 
La problématique de ce blog s'exprime comme suit : quels sont les facteurs du declin du Monde arabe?
le reveil du Monde arabe doit il s'opérer par une reforme exogène dont la mise en oeuvre ne serait qu'une occidentalisation  des fondements civilisationnels de ces pays? Peut il y'avoir un renouveau Arabe à partir de ses propres sources (arabo-islamique)?
 
Nous pensons que l'islam n'est pas responsable du déclin economique et politique des arabes et qu'il peut meme au contraire contribuer à sa revitalisation (partie 2 et 3 ).
 
L'explication de ce déclin et de son accélération doit notamment être recherché dans la colonisation militaire et le pillage qui s'en est suivi entre la fin du 19eme et milieu du 20eme siecle. ( partie 5 ).
 
La question des droits de la femme s'impose dans ce blog dans la mesure ou nous pensons que la sortie de léthargie prendra necessairement appuie sur cette seconde moitié de la pôpulation ( partie 4).
 
Les problemes du proche orient et de la palestine restent centraux dans l'analyse des problemes arabes dans la mesure ou la présence d'une zone instable au coeur meme du monde musulman, ne peut  que contribuer à diviser et neutraliser une reflexion d'ensemble ( partie6).
 
Situation inédite, les musulmans d'europe forment une minorité substantielle. La question de leurs roles à jouer et des défis auquels ils sont soumis permet d'envisager sous un autre angle dialogue de l'islam et de l'occident (partie 7).
 
Nous avons enfin jugé utile de consacrer une catégorie relative à l'arabité et à ses traits de caractères (partie1)
 
 Les différents problemes  evoqués ci dessus obeissent à une subdivision de notre blog en 7catégories:
 1) l'arabité et ses caractères
2) l'economie et l'islam
3) là reforme des institutions: entre l'exigence de démocratie et le respect d'un cadre islamique
4) femmes arabes, femmes musulmanes: hiatus ?
5)colonisation, decolonisation et batailles militaires.
6) probleme du proche orient et de la palestine.
7) les musulmans d'europes ou le dialogue paisible de l'islam et de l'occident.
 
J'ai trié et selectionné certains articles que j'estimais important. vos critiques et vos remarques seront les bienvenus. je vous souhaite à tous une bonne lecture et une bonne reflexion.
 
kamel A.

Quoi qu'il en soit, parler des problemes arabes c'est evoquer necessairement les problemes axiologiques dont  les peuples arabes ont du traverser

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Mon, 01 May 2006 19:52:17 GMT http://problemesarabes.dzblog.com/article-40431.html
Complémentarité homme - femme en islam http://problemesarabes.dzblog.com/article-40343.html

Mais ce qu'il faut également savoir, c'est que ces différences, l'islam ne les explique ni par l'idée que la femme serait de nature plus encline au mal que l'homme, ni qu'elle serait un être humain de seconde zone.


Points communs et particularités

En islam, les différences qui existent, à propos de certaines règles, entre homme et femme, s'expliquent non pas par le fait que la femme serait un être humain incomplet, mais par le fait qu'il s'agit là de deux humains complémentaires : l'un et l'autre ont leur personnalité propre, qui correspond aux particularités d'ordre secondaire que Dieu a inscrites dans leur constitution physique et mentale. Pour plus de détails, lire mon article : Homme et femme sur le plan scientifique.

Deux modèles font dès lors fausse route : le modèle qui fait de la femme un humain incomplet, tout comme le modèle qui présente l'homme et la femme comme deux être humains exactement semblables. Ce deuxième modèle laisse entrevoir des risques de masculinisation de la femme, ou de féminisation de l'homme, ou de l'avènement d'une humanité de type androgyne, scénarios qui pourraient bien se produire et contre lesquels non seulement l'islam, mais aussi des chercheurs occidentaux tels que Elisabeth Badinter mettent en garde (voir son livre L'un est l'autre, Odile Jacob).
C'est pour éviter de tels scénarios que l'islam a placé des repères en amont... Ainsi, parce qu'ils sont tous deux êtres humains à part entière, l'islam a donné à l'homme et à la femme un grand nombre de règles communes... Mais parce qu'ils sont complémentaires et présentent des différences secondaires, l'islam a défini pour l'homme comme pour la femme des priorités différentes et des différences dans certaines règles.


Des particularités à protéger pour respecter les particularités de l'homme et de la femme

L'islam a ainsi interdit à l'homme et à la femme d'imiter ce qui fait les particularités de l'autre sexe. Le Prophète Muhammad (sur lui la paix) a ainsi rapporté l'éloignement, par rapport à la miséricorde divine, "de ceux des hommes qui imitent les femmes et de celles des femmes qui imitent les hommes" (rapporté par Al-Bukhârî, n° 5546, voir également At-Tirmidhî, n° 2784, Abû Dâoûd, n° 4097). L'objectif est bien d'éviter ce contre quoi Elisabeth Badinter a mis en garde.
Ceci explique pourquoi l'islam demande à la femme de se couvrir davantage que l'homme : la raison en est physique autant que psychologique et sociale. Ceci explique aussi pourquoi le témoignage n'est pas du même type chez un homme et chez une femme ; dans les affaires pénales et commerciales, le témoignage masculin a plus de poids, mais dans des affaires féminines, le témoignage féminin est seul valable. Ceci explique encore pourquoi, en islam, la garde de l'enfant en cas de divorce va en priorité (sauf cas de contre-indication) à l'épouse : un homme ne vaut pas une femme dans ce domaine.

Des règles communes par égard pour la nature humaine de l'homme comme de la femme

Parallèlement à ces différences, les hommes et les femmes sont, pour l'islam, des êtres humains à part entière : "Ô les hommes, craignez votre Pourvoyeur qui vous a créé à partir d'un seul être, à partir duquel Il a créé son conjoint, couple à partir duquel Il a disséminé (sur terre) de nombreux hommes et femmes" (Coran 4/1). Le Prophète Muhammad (sur lui la paix) a dit quant à lui : "Les femmes sont les sœurs des hommes" (rapporté par Aboû Dâoûd). Le savant musulman Al-Albânî a déduit de cette phrase que "le principe général est que ce qui est obligatoire pour les hommes l'est aussi pour les femmes, et que ce qui est permis pour eux l'est aussi pour elles. On ne peut faire de différence dans les règlements que là où cela est mentionné dans un texte des sources [ou là où se retrouve un principe extrait d'un texte des sources]." (Silsilat ul-ahâdîth as-sahîha, tome 1 p. 347). Plusieurs siècles avant lui, les savants musulmans Ibn Qayyim et Ibn Rushd avaient eux aussi formulé le même principe (cf. A'lâm ul-muwaqqi'în, tome 1 p. 92, et Bidâyat ul-mujtahid, tome 1 p. 172).


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Mon, 01 May 2006 16:33:33 GMT http://problemesarabes.dzblog.com/article-40343.html
Une libération corporelle en Occident http://problemesarabes.dzblog.com/article-40342.html

Après ces longs siècles d'emprisonnement des corps, aujourd'hui est venu le temps de la liberté, où l'homme comme la femme peuvent s'habiller comme bon leur semble, où les corps peuvent s'afficher en public sans gêne et sans honte. Qui oserait dire qu'il faudrait revenir en arrière et revivre ce qu'on vivait au Moyen-Age ? Pourtant, les choses ne sont pas aussi roses qu'on pourrait le penser...


L'excès...

Des voix s'élèvent aujourd'hui (parfois celles de féministes elles-mêmes), qui déplorent que le nudité féminine (comme d'ailleurs parfois, soulignons-le, la nudité masculine) soit devenue un objet publicitaire et commercial.
D'une façon générale, le fait d'afficher ainsi partout les attraits des corps ne fait que flatter un instinct qui, bien qu'il soit naturel chez l'humain, a tendance alors à prendre une place de plus en plus importante dans la vie et la pensée de celui-ci. Liliane Crété écrit : "Après la Deuxième guerre mondiale, les choses changent. Les barrières, les unes après les autres, tombent. (...) Seulement, dans les années 1970, (...) dans la foulée des événements de mai 1968 (...), ce féminisme new look sombre dans l'hédonisme et la permissivité. Au nom de la libération des femmes, la famille éclate. Au nom de la liberté, le mariage est détruit. (...) Disposer de soi, limiter les naissances, ne plus être rivée au destin biologique est une chose. Résumer le droit à la liberté à un droit à jouir au maximum de la vie sans contrainte en est une autre." (Le protestantisme et les femmes, Liliane Crété)


D'un extrême à l'autre ?

Le rapport au corps humain s'est tellement inversé en Occident qu'on semble être progressivement passé d'un extrême à l'autre : alors qu'hier le corps était marqué négativement dans "son être même" par la religion dominante en Europe, aujourd'hui il est devenu de bon ton non pas seulement d' "être bien dans son corps" - ce qui est naturel et normal - mais de ne plus éprouver de gêne à en montrer de nombreux attraits publiquement, ou à le montrer de façon très osée sur les affiches publicitaires. Et on a tellement vécu le fait de devoir dissimuler son corps comme une expression du marquage négatif de ce corps, qu'aujourd'hui, direz-vous tout doucement qu'il serait mieux d'éviter les tenues très courtes en public et les affiches publicitaires osées, que vous recevrez cette réponse : "Il ne faut pas (ou plus) avoir honte de son corps !" Il semblerait donc qu'on ait aujourd'hui du mal à faire la distinction entre la "pudeur" et la "honte".
La "honte par rapport au corps" consiste à ne pas se sentir bien dans sa peau, ou à considérer son corps comme une tache, une chose marquée négativement. Cette honte, une mauvaise chose, est différente de la "pudeur", qui, elle, consiste à dissimuler ses attraits en public. La pudeur n'implique pas qu'on ne soit pas bien dans son corps ou que celui-ci soit marqué négativement, elle signifie qu'on en réserve les attraits aux seuls regards de l'être avec qui on a choisi de partager sa vie : son conjoint.

Et c'est en fait ce qu'enseigne l'islam. Car pour l'islam, si l'homme comme la femme doivent en public dissimuler certains de leurs attraits, ce n'est pas parce que le corps est marqué négativement. C'est parce que la mise en valeur de son corps partout ne peut conduire qu'à la désacralisation de ce corps, avec toutes les retombées sociales et familiales que cela peut avoir.
Pour plus de détails, lisez mes articles : Le corps et ce qui y est lié en islam - Pourquoi l'islam demande-t-il à la femme de se vêtir davantage que l'homme ?

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Mon, 01 May 2006 16:32:46 GMT http://problemesarabes.dzblog.com/article-40342.html
Emancipation familiale et sociale de la femme en Occident http://problemesarabes.dzblog.com/article-40341.html "On ne naît pas femme mais on le devient." Ce slogan des féministes résume à lui seul le cheminement de l'émancipation des femmes en Occident. Car en Europe Occidentale, pendant le Moyen-Age et jusqu'aux temps Modernes, les droits de la femme n'étaient pas très développés. Au début du XIXè siècle est rédigée une brochure étant "projet de loi portant défense aux femmes d'apprendre à lire". Dans le même temps l'épouse est sous le contrôle absolu du mari, qui dispose du salaire. L'adultère du mari est passible d'amende, celle de l'épouse d'emprisonnement !

C'est à partir de la fin du XVIIIè - début du XIXème siècle que les choses commencent à bouger tout doucement. Puis, dans la deuxième moitié du XXème siècle, sous les coups de boutoir des féministes, les bastions des hommes tombent un à un en Occident, aussi bien dans le domaine social que familial.


A comparer la place de la femme dans la société et la famille occidentales hier, et les droits qu'elle a acquis aujourd'hui, qui pourrait nier le côté positif de ces multiples changements ?
Pourtant, des chercheurs constatent aujourd'hui que la femme s'est certes hissée à tous les échelons, mais au prix, très souvent, d'avoir dû s'aligner sur le modèle masculin.


La perte des repères

Certains chercheurs redoutent en effet que les femmes deviennent "des hommes comme les autres", que notre société soit en route vers un modèle androgyne, dont les vêtements et les parfums unisexes seraient les signes avant-coureurs. Il y aurait installation d'une sorte de manque de repères entre ce qui est masculin et ce qui est féminin. Elisabeth Badinter écrit : "Nous avons l'impression de perdre nos repères les plus personnels : le changement de modèle touche à notre être le plus intime : notre identité, notre nature d'homme et de femme. C'est pourquoi l'inquiétude prend la forme d'une véritable angoisse existentielle : qui suis-je ? quelle est mon identité, ma spécificité d'homme ou de femme ? comment nous distinguer l'un de l'autre ? comment vivre l'un avec l'autre ?" (L'un est l'autre).

"On ne naît pas femme mais on le devient." Simone de Beauvoir n'avait que partiellement raison dans cette affirmation. Elle avait raison dans le sens où parfois, une véritable humiliation est imposée à la femme par certaines sociétés, culture, éducation. Elle n'avait pas entièrement raison dans la mesure où il est maintenant prouvé que la femme et l'homme connaissent, chacun de son côté, certaines spécificités dans les domaines physique, physiologique et même mental. En effet, si la femme et l'homme sont tous deux humains à part entière, de légères particularités biologiques les marquent chacun de son côté : la femme porte la "marque de fabrique" chromosomique XX, l'homme la "marque de fabrique XY". A partir de là, leur développement aux stades successifs de fœtus, d'enfant, d'adolescent et d'adulte vont suivre deux chemins à la fois proches et légèrement différents. (Voir notre page à ce sujet.) Or, l'émancipation féminine proposée par le modèle occidental ne veut pas que l'on prenne en compte des différences entre hommes et femmes. "Quitte à bouleverser la donne naturelle", comme l'écrit Elisabeth Badinter.


D'un extrême à l'autre ?

La question que l'on est en droit de se poser est la suivante : est-ce qu'un extrême n'a pas conduit à un autre ? Est-ce que ce ne serait pas parce que l'Occident, hier, a tellement vécu la différence entre homme et femme comme une discrimination de la femme, qu'il ne veut plus, aujourd'hui, entendre parler de différences tout court ? Quitte à engendrer le manque de repères dont nous parlions plus haut ?

Elisabeth Badinter écrit : "Si la complémentarité reste le propre de l'humanité, en revanche la suprématie masculine n'est qu'une manière, parmi d'autres possibles, de vivre cette complémentarité." Or, écrit-elle, "persuadés que la distinction des rôles est à la racine de l'inégalité, nous avons systématiquement, méticuleusement substitué la règle de la similitude des rôles à celle de leur distinction." "La distinction des rôles (propre au modèle complémentaire) nous paraît si étroitement liée à l'inégale relation des sexes que, pour modifier celle-ci, nous mettons tout en oeuvre pour mettre fin à celle-là, quitte à bouleverser la donne "naturelle"." (L'un est l'autre).
E. Badinter veut dire que trois modèles sont possibles :
a) la complémentarité des rôles de l'homme et de la femme, avec oppression de la femme par l'homme,
b) la similitude des rôles,
c) la complémentarité réussie des rôles de l'homme et de la femme, sans oppression de la femme par l'homme.
S'il peut malheureusement arriver que la complémentarité des rôles entre femme et homme s'exprime sous la forme de l'oppression de la femme par l'homme (modèle a), cette complémentarité homme / femme peut également s'exprimer sous la forme d'une complémentarité réussie, qui tiendrait compte à la fois de l'identité humaine (commune à l'homme et à la femme), et des particularités de l'homme et de la femme (modèle c). Or, l'existence du modèle a), en Occident, a donné, par réaction, progressivement naissance au modèle b). Alors qu'en réalité, la solution réside dans le modèle c), qui constitue une troisième voie entre l'extrême que représente l'oppression masculine, et l'autre extrême qui est représenté par l'entière similitude des rôles et qui est né par opposition au premier.

Et c'est en fait cette troisième voie que présentent les sources musulmanes. L'islam enseigne en ffet que l'homme et la femme sont tous deux des humains à part entière et au sens complet du terme. Mais, avec leurs particularités, ils sont également et dans le même temps complémentaires. Ces particularités s'expriment dans les missions qui leur ont été confiées, et sont à préserver pour ne pas tomber dans la perte des repères… Pour plus de détails, lire mon article : La complémentarité homme / femme en islam

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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Mon, 01 May 2006 16:31:24 GMT http://problemesarabes.dzblog.com/article-40341.html
La situation de la femme hier et aujourd'hui, en Occident et en Islam http://problemesarabes.dzblog.com/article-40340.html
Dégradation et amélioration de la situation de la femme

Ainsi, à propos de l'Arabie pré-islamique, Omar ibn al-Khattâb raconta une fois au jeune Abdullâh ibn Abbâs : "Avant la venue de l'islam, nous autres n'avions pas de considération pour les femmes. Puis, lorsque vint l'islam et que Dieu évoqua leurs droits, nous nous mîmes, à cause de cela, à comprendre qu'elles avaient des droits sur nous." (En effet, Dieu dans le Coran et le Prophète Muhammad dans ses Hadîths insistèrent sur les droits des femmes.) "Néanmoins, ajoute Omar, nous ne leur permettions pas de se mêler de nos affaires" (Bukhari 5505). Omar parle là du moment où, après la venue de l'islam, il vivait toujours, en tant que qurayshite, dans la société de La Mecque. Mais quand, ensuite, il dut émigrer à Médine – où le Prophète allait vivre dix ans encore –, il se retrouva au contact des musulmans de là-bas ; et il dut changer encore dans sa perception des choses ; il raconte à Ibn Abbas : "Chez nous autres les qurayshites, c'était les hommes qui menaient les femmes. Mais les Ansar (à Médine) étaient un peuple où les femmes menaient les hommes. Quand nous nous installâmes (à Médine), nos femmes se mirent à prendre cette façon d'être des femmes ansarites" (Bukhari 4895). "Ainsi, un jour que j'avais une discussion avec mon épouse, elle me tint des propos très vifs" (Bukhari 5505). L'épouse de Omar lui donna aussi des conseils quant à ses affaires (Bukhari 4629). "Que te prend-il donc ?" s'étonna Omar. Son épouse lui répondit : "Ton attitude est étrange, Ibn al-Khattab ! Tu ne voudrais pas qu'on te réponde ?" (Bukhari 4629).
Ainsi se réalisa dans la jeune société musulmane, par rapport à la société païenne de l'Arabie d'avant l'islam, ce qu'un savant musulman du XXème siècle, Abû Chuqqa, a appelé "l'émancipation de la femme à l'époque de la révélation", que l'on peut également appeler "l'émancipation de la femme réalisée sur la base de la révélation".

En Europe Occidentale, avant et pendant le Moyen-Age et jusqu'aux temps Modernes, les droits de la femme n'étaient pas non plus très développés. C'est à partir de la fin du XVIIIè - début du XIXème siècle que les choses commencèrent à bouger tout doucement, pour réaliser dans la société occidentale contemporaine une "émancipation de la femme basée sur la seule raison". Et c'est surtout dans la deuxième partie du XXème siècle que cet autre modèle d'émancipation fit des progrès conséquents, pour finir par donner le modèle que chacun et chacune voient maintenant. Aujourd'hui, ce modèle gagne sans cesse des adeptes sur toute la surface du globe, même chez une partie importante de la population de pays autrefois très traditionnels comme la Chine ou l'Inde.

Mais pendant que la situation de la femme s'améliorait lentement en Occident, à l'inverse, dans certains pays majoritairement musulmans, elle se détériorait quelque peu par rapport aux avancées offertes par la révélation musulmane. Le savant musulman syrien Mustafâ As-Sibâ'î l'affirme clairement : "Puis, en fonction de l'évolution de la situation dans la civilisation islamique et des traditions locales de pays musulmans, la femme a connu des périodes différentes. Dans la période de décadence, la femme a même connu un délaissement, et, dans les faits, un manquement par rapport à ses droits." "Le besoin s'est donc fait sentir que la pensée des réformateurs [musulmans] se tourne également vers le cas de la femme dans leurs pays" (Al-mar'a bayn al-fiqh wal qânûn, pp. 46-51).


Deux modèles pour une réforme de cette situation

Pour réformer la situation de la femme, deux tendances sont aujourd'hui présentes dans ces pays majoritairement musulmans :

  • l'une souhaite et agit dans le sens d'une émancipation féminine fondée sur l'authenticité aux sources musulmanes.
  • l'autre désire l'adoption du modèle occidental d'émancipation féminine.

    Très libéral, ce dernier modèle ne peut que séduire, d'autant plus qu'il offre réellement des droits à la femme. A comparer la place de la femme dans la société occidentale hier, et les droits qu'elle a acquis aujourd'hui, qui pourrait en effet nier le côté positif de ces multiples changements ? Pourtant, à côté des avantages, ce modèle présente également des faiblesses, notamment dans deux domaines principaux :

  • la mise en valeur excessive des corps
  • et l'effacement des repères chez les hommes et les femmes.

    L'autre modèle d'émancipation féminine, celui qui est basé sur l'authenticité aux sources de la révélation, présente des solutions à ces problèmes. Il est différent à la fois du modèle occidental et du modèle des traditions appliquées parfois au nom de l'islam dans certains pays majoritairement musulmans. Il faut de plus rappeler que vivre ce modèle ne consiste pas à s'en tenir exactement à ce que faisaient les femmes il y a de cela quatorze siècles, car la règle première, dans tout ce qui n'est pas purement cultuel (al-'âdât), est la permission : il n'y a ici pas besoin d'un texte pour permettre, mais au contraire pour instaurer des limites et des orientations :

  • le corps et ce qui y est lié en islam
  • complémentarité homme et femme en islam
  • la place de la femme dans la famille en islam.

    Les sociétés majoritairement musulmanes sauront-elles améliorer la situation de la femme ?

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    Mon, 01 May 2006 16:30:35 GMT http://problemesarabes.dzblog.com/article-40340.html
    Pourquoi le Coran a-t-il autorisé la polygynie et pas la polyandrie ? http://problemesarabes.dzblog.com/article-40339.html 1- "L'homme a le droit d'avoir plusieurs épouses. Et la femme, elle, a-t-elle le droit d'avoir plusieurs maris ?"

    Qu'un homme ait plusieurs épouses, cela s'appelle en fait la polygynie (qui est une des formes de la polygamie). Et qu'une femme ait plusieurs maris, cela s'appelle la polyandrie (qui est une autre forme de polygamie).
    Dans l'Arabie pré-islamique, une certaine forme de polyandrie avait cours, comme l'a rapporté Aïcha (Sahîh Al-Bukhârî et Sunan Abî Dâoûd). Aujourd'hui encore, certains peuples du monde ont recours à cette pratique : un reportage existe à ce sujet dans le magazine Géo (n° 94, décembre 1986, pp. 166-183) à propos d'un mariage polyandrique dans un village d'une région du Népal : la jeune femme se marie en même temps avec cinq maris.
    Mais l'islam n'autorise pas la polyandrie pour l'évidente raison du problème de filiation. En effet, on ne saurait pas, alors, de quel mari est l'enfant que porte la femme. (Selon l'article de Géo sus-cité, la tradition locale dans cette région du Népal a résolu le problème en accordant à l'aîné des maris la paternité.)
    On pourrait me dire que les test de paternité par ADN permettent aujourd'hui de l'établir. Mais il est facile de comprendre pourquoi ce n'est pas une solution : premièrement, de nombreux maris refuseraient de s'y soumettre. Deuxièmement, l'islam est une religion qui est destinée à l'humanité tout entière : les test d'ADN ne sont pas disponibles dans des villages reculés de continents peu développés.


    2- "Et puis, dans l'islam, qui est-ce qui choisit ? Est-ce l'homme qui se choisit une femme, ou bien la femme qui se choisit un homme ?"

    Ils se choisissent tous les deux, puisque si l'homme peut proposer le mariage à une femme, la femme peut tout à fait proposer le mariage à un homme, comme cela est bien connu de la femme étant venue se proposer en mariage à l'époque du Prophète (sur lui la paix) (rapporté par Al-Bukhârî). De plus, il faut ajouter qu'une femme ne peut être mariée par son père ou un autre contre son gré en islam. Les Hadîths du Prophète (sur lui la paix) sont clairs à ce sujet (rapportés par Aboû Dâoûd).
    Pour plus de détails sur la place donnée au consentement de la femme, lisez mon article Comment faire quand on veut se marier ?


    3- "La polygamie entraîne le fait que le mari ne sera plus vierge au moment où ils se mariera avec une deuxième épouse"

    Mais, en islam, ce n'est pas un objectif qu'au moment de la première relation avec son partenaire légitime, on n'ait jamais eu de relation intime avec quelqu'un d'autre. Et cela est valable pour l'homme mais aussi pour la femme. Car sinon cela voudrait dire que les femmes veuves et divorcées ne devraient plus jamais se remarier. Or ce n'est pas le cas. Le Prophète (sur lui la paix), pour ne prendre que cet exemple, n'a connu qu'une seule épouse vierge, toutes les autres étaient soit veuves soit divorcées.
    Ce qu'il y a en islam c'est que, homme et femme, on doit s'abstenir des relations intimes en dehors du mariage (az-zinâ).
    On pourrait me dire : oui, mais pour l'homme il n'y a rien de modifié, tandis que chez la femme il y a quelque chose de changé au niveau corporel interne. Que pouvons-nous y faire, c'est une différence constitutionnelle qui existe entre hommes et femmes, comme la barbe, etc.


    4- "Pourquoi le Coran a-t-il institué la polygynie ?"

    Il faut savoir que ce n'est pas l'islam qui a inventé la polygynie. Elle existait déjà bien avant la révélation du Coran au Prophète Muhammad (sur lui la paix), et elle existe toujours aujourd'hui chez des gens qui ne se réfèrent aucunement à l'islam. Le cas des Mormons est bien connu aux Etats-Unis (vous avez d'ailleurs entendu parler comme moi du procès qui est fait actuellement outre-Atlantique à un Américain mormon époux de cinq femmes). De même, en Afrique, la polygamie est pratiquée chez des musulmans mais aussi chez des animistes.
    L'islam n'a donc pas inventé la polygynie. Il ne l'a pas non plus rendu obligatoire. Il n'a fait que la limiter (4 épouses au maximum) en y instaurant des conditions, comme par exemple celle-ci : l'homme doit être rigoureusement juste envers toutes ses épouses (exactement le même soutien financier à toutes, le partage rigoureusement équitable des nuits, etc.).

    Pourquoi l'islam l'a-t-il quand même autorisée, me direz-vous ? Les règles de l'islam sont destinées à toute l'humanité, à toutes les époques jusqu'à la fin du monde, et donc à diverses circonstances. Or, voici un exemple où vous apparaîtra pourquoi l'islam a, dans le cadre des conditions citées ci-dessus, gardé permise la polygynie : en cas de guerre où un grand nombre d'hommes seraient morts, que faire ? Laisser un grand nombre de femmes sans mari ?

    Enfin, il faut savoir qu'en islam, le mariage étant non pas un sacrement mais un contrat entre deux êtres consentants, il est tout à fait possible que la femme stipule comme condition, lors de son mariage, que son mari ne prendra pas de deuxième épouse. Si certaines autres conditions formulées à l'occasion du mariage ne sont pas valables (car contredisant des principes établis), celle-ci est tout à fait valable, et le mari ne peut alors pas prendre de deuxième épouse.

    Walâhou A'lam (Dieu sait mieux).

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    Mon, 01 May 2006 16:29:21 GMT http://problemesarabes.dzblog.com/article-40339.html
    Pourquoi la femme se vêt-elle davantage que l'homme ? http://problemesarabes.dzblog.com/article-40338.html Premier point :

    En islam, les époux ont, entre eux deux, le droit de regarder n'importe quelle partie de leur corps, sans restriction (sauf pendant la période menstruelle d'après certains savants). De même, l'islam ne demande pas à la femme de dissimuler sa chevelure, ses épaules, ses bras, ses mollets, etc. devant ses proches parents (mahârim).


    Second point :

    L'islam ne demande pas qu'à la femme de se vêtir. Pour l'homme aussi il a rendu obligatoire de cacher, en public, certaines parties de son corps par des vêtements. L'ensemble de ces parties corporelles à dissimuler des regards est appelé en islam 'awra. Cliquez ci-après pour découvrir à quoi correspond la 'awra de l'homme devant qui, et à quoi correspond celle de la femme devant qui : Quelles limites à l'action des regards ? Pourquoi ?


    Troisième point :

    L'objectif de l'islam, en faisant ainsi, n'est pas d'exprimer l'idée que le corps humain, qu'il s'agisse de celui de la femme ou de l'homme, serait marqué négativement et qu'il faudrait donc le dissimuler. Il ne s'agit pas d'avoir honte de son corps. Il s'agit d'avoir de la pudeur, et l'objectif de l'islam est que chacun "voile" des regards des passants les attraits de son corps pour réserver ceux-ci à l'être avec qui il partage sa vie : son époux(se).
    L'attirance pour les attraits corporels est naturelle chez l'être humain, et l'islam ne demande pas à ce dernier de chercher à éradiquer cette attirance. Au contraire, c'est bien parce qu'il reconnaît qu'entre homme et femme attirance naturelle il y a et il y aura toujours qu'il désire orienter celle-ci. Si l'attirance vers l'autre sexe et l'instinct qui en est à la base sont naturels, et si cet instinct doit s'exprimer et non être refoulé, il y a une grande différence entre le fait de l'orienter et celui de le flatter sans cesse. Ainsi, les corps n'étant pas marqués négativement, il est normal qu'entre époux et épouse on s'admire et on s'attire. Mais que des corps affichent partout en public leurs attraits aux regards, et que des regards ne se privent pas de tirer profit de ces attraits, voilà des faits qui ne peuvent manquer avoir des répercussions sur l'individu, la famille et la société. Combien de couples se sont ainsi séparés parce que l'un ou l'autre a été attiré par plus beau, plus belle que son époux(se). Combien, alors, de familles déchirées, d'enfants malheureux...

    Une objection :

    Il n'est pas rare que les musulmans et musulmanes entendent certains de leurs interlocuteurs leur tenir le raisonnement suivant : "Les occidentaux, ayant reçu une éducation libérée sur le plan corporel, ne regardent plus les attraits corporels de la femme, et peuvent vivre hommes et femmes les uns à côté des autres en tenue décontractée sans rien ressentir, sans même porter attention aux chevelures et aux jambes qui se trouvent à deux mètres d'eux. Tandis que les musulmans, eux, à force de voiler leurs femmes, sont attirés et troublés par la vue d'une chevelure, d'une paire de jambes. Regardez à quelle sur-érotisation du corps vous a conduit votre manque de libération vestimentaire. La "libération vestimentaire des corps" est la solution pour faire disparaître l'attirance vers les corps, car cette attirance empêche la marche harmonieuse d'une société."

    Des remarques par rapport à cette objection :

    Si, comme le dit cette objection, "la libération vestimentaire des corps est la solution pour faire disparaître l'attirance vers les corps", alors pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Pourquoi ne pas adopter le modèle de ces sociétés des îles Andaman, de certaines îles de Polynésie, et de certaines régions d'Amérique du Sud, d'Afrique et d'Australie, où les hommes et les femmes vivent presque totalement nus ?
    En fait cette objection se fonde sur le constat du fait qu'en Occident hommes et femmes cohabitent apparemment de manière très digne, sans se dévisager ni porter des regards insistants, et en déduit qu'il n'y a plus d'attirance. Or, si le constat est vrai, la déduction est, elle, très discutable. En effet, l'attirance n'a pas disparu, car l'attrait pour l'autre est naturellement présent chez l'homme et chez la femme.

    Une seconde objection :

    A cela certains de nos interlocuteurs nous répondent : "Oui mais il s'agit d'une attirance vers le beau, dénuée de toute arrière pensée, pure de tout désir corporel."

    Des remarques par rapport à cette autre objection :

    A la vérité, ceci n'est pas toujours vrai. C'est ce qu'on disait au moment de la libération des mœurs : "Les uns et les autres ne se regarderont plus jamais qu'avec des regards neutres." Force est cependant de constater que ces promesses ne se sont pas réalisées. Les regards chargés d'instincts n'ont pas disparu. En d'autres mots : l'érotisation des corps n'a pas disparu en Occident. Combien de gens admirent les formes corporelles (jambes, etc.) d'une personne ayant le dos tourné, puis, une fois surpris par cette personne, doivent détourner leur regard, gênés... S'agissait-il vraiment d'un regard neutre ? Et combien de femmes elles-mêmes se plaignent d'être parfois mal à l'aise par des regards insistants dirigés vers telle ou telle partie de leur anatomie. Et combien de couples ont éclaté après que l'un ait découvert que l'autre entretenait une liaison qui elle-même avait débuté à la suite d'une rencontre d'un soir. L'attirance physique et charnelle pour la beauté corporelle n'a pas disparu.

    Certes, il est prévisible que celui qui voit plus rarement ces attraits soit davantage troublé par leur vue que celui qui les voit partout, tous les jours. Mais cela ne signifie pas que celui qui les voit partout ne connaisse plus du tout ce genre d'attirance. A la vérité, le fait de vivre constamment avec cet affichage des corps entraîne un trouble moindre à la simple vue d'attraits corporels, mais pas une disparition complète de l'attirance à cette vue. Je ne crois pas que l'on puisse faire disparaître totalement l'attirance naturelle - avec tout ce qu'elle implique - qui existe en l'être humain vers le corps humain.
    De même, le fait de vivre constamment ainsi a également entraîné la nécessité d'une éducation pour qu'on ne regarde pas de façon ouverte les attraits corporels qui l'attirent. Mais cela ne veut pas dire qu'on ne les regarde plus du tout. Les regards furtifs et en biais n'ont pas disparu...

    C'est ici qu'apparaît le réalisme de l'islam. En islam, il est demandé à l'être humain non pas seulement de vivre l'aspect extérieur et juridique des enseignements des textes, mais également de se purifier le cœur, comme le demandent ces textes. Cependant, purifier son cœur veut dire se libérer de l'excès, de l'emprise dictatoriale de l'instinct sur l'âme. Cela ne veut pas dire atteindre l'irréalisable : éteindre le désir et le sentiment, devenir un ange ou presque. Aussi, purifier son cœur de l'attirance vers l'autre sexe veut dire l'éduquer pour ne pas penser qu'à çà. Mais il est impossible de faire disparaître totalement cette attirance, elle est inscrite en l'être humain ! Dès lors, – exception faite des époux entre eux –, l'islam demande aux êtres humains de maîtriser leur regard...

    En islam, il ne s'agit pas de voiler tout ce qui est beau chez l'être humain (pour preuve, l'islam ne fait pas l'obligation à la femme de voiler son visage). L'islam aussi fait la différence entre regard neutre et regard chargé d'instinct, et prend en compte l'absence ou non de désir – donc la neutralité ou non du regard – pour permettre ou interdire ce regard. Cependant, cela concerne certaines parties du corps seulement (celles autres que la 'awra). Si l'islam n'a pas demandé de façon obligatoire de couvrir ces parties du corps là, c'est d'une part parce que les nécessités de la vie font qu'on a besoin de les laisser découvertes. Et d'autre part, soulignent certains savants musulmans comme Abû Chuqqa, parce que cela permet aussi que, dans une saine dimension, un certain lien d'attirance subsiste entre les hommes et les femmes, l'interdiction de tout lien à l'échelle d'un pays tout entier risquant d'entraîner une déviance de l'attirance (Tahrîr ul-mar'a, tome 4 pp. 155-156 et pp. 301-302). Par rapport à ces parties du corps là, le regard maîtrisé est donc "le regard neutre" et non pas forcément le regard baissé. Tout cela est vrai.

    Cependant, en ce qui concerne d'autres parties corporelles, l'islam demande de systématiquement ne pas les regarder chez autrui, et ce, qu'on ressente alors de l'attirance (shahwa) ou pas. Il s'agit d'une mesure de précaution, qui concerne ce qui est souvent objet d'attirance d'ordre corporel. L'ensemble de ces parties corporelles qu'une personne A ne doit ainsi pas regarder chez une personne B est nommé "'awra de B par rapport à A". Pour tout ce qui est "'awra" par rapport à soi, le regard maîtrisé est le regard baissé – la seule exception étant les cas de nécessité, comme une situation d'accident, ou une intervention chirurgicale, etc. (Tout ceci ne concerne bien entendu pas les époux entre eux, où aucune partie du corps n'a à être voilée des regards de l'autre. De même, en ce qui concerne les proches parents, la "'awra" est réduite.)

    Parallèlement à cette demande de maîtriser son regard, et conformément au principe "Pour éviter les effets, évitez les causes", l'islam demande que l'on recouvre par des vêtements ces parties du corps susceptibles d'entraîner l'attirance. Ainsi, s'il est demandé à A de ne pas regarder ce qui, par rapport à lui, est "'awra" chez B, il est parallèlement demandé à B de revêtir sa "'awra" en présence de A. Cliquez ci-après pour découvrir le concept de la "'awra" et les principes qui y sont attachés :Quelles limites à l'action des regards ? Pourquoi ? Il faut cependant préciser que le fait pour B de revêtir en présence de A ce que A ne doit pas regarder concerne ceux et celles qui ont accepté l'éthique musulmane parce qu'ils ont accepté la foi musulmane : aussi, même en pays musulmans, si l'islam dit que les musulmans ne doivent pas porter de regard déplacé sur les attraits des non musulmanes, il ne dit pas que ces dernières auraient l'obligation religieuse de couvrir leur chevelure en public (elles devront cependant respecter le cadre publique en vigueur dans ces pays et porter donc des vêtements plus amples que ceux qui sont parfois portés dans les pays occidentaux).


    Quatrième point :

    Une question demeure ici, c'est celle que vous avez posée : Pourquoi la 'awra de la femme est-elle plus grande que celle de l'homme ? Autrement dit, pourquoi l'islam demande-t-il à la femme de dissimuler des regards de ceux qui ne sont ni son mari ni ses proches parents, une plus grande étendue corporelle que celle qu'il demande à l'homme de dissimuler devant toute personne n'étant pas son épouse ?

    En islam, cette différence n'est pas due au fait que la femme serait assujettie à l'homme et qu'elle devrait l'exprimer par cette différence vestimentaire. (C'est là en fait ce que Paul de Tarse, lui, disait à propos du fait que la femme chrétienne devait recouvrir sa chevelure : cliquez ci-après pour en savoir plus à ce sujet : Le foulard musulman n'exprime pas la soumission de la femme )

    En islam, cette différence est due d'une part à ce que le savant musulman Abû Chuqqa a écrit en substance : "Dieu a créé le corps féminin en lui donnant certaines particularités par rapport à celui de l'homme. Le corps masculin est doté d'une "simplicité" qui fait que l'attirance charnelle qu'il éveille est d'ordre global, tandis que, chez le corps féminin, chaque partie possède son attirance. On peut d'ailleurs voir qu'aujourd'hui dans certains pays, alors que l'homme s'embellit en s'habillant, la femme s'embellit en se déshabillant le plus possible, en exposant donc les attraits naturels de son corps." (d'après Tahrîr ul-mar'a, tome 4 p. 22).
    D'autre part, alors que la femme est plus sensible à l'affection et au toucher, l'homme, lui, est plus attiré par l'"image", par ce qu'il voit.

    C'est bien à cause de ces deux facteurs que, dans la grande majorité des cas, ce sont les femmes qui se plaignent d'être mal à l'aise à cause des regards déplacés d'hommes vers tel ou tel de leurs attraits. L'inverse peut être vrai, mais est beaucoup plus rare. On peut même dire qu'au contraire, les hommes, eux, sont dans la majorité des cas fiers et heureux de se voir être l'objet de regards féminins !

    Dieu a cité tous ces enseignements – les regards furtifs, la purification du cœur, la maîtrise du regard, la nécessité de se vêtir – dans le Coran. Dans un verset, Il dit ainsi : "(Dieu) connaît les regards traîtres ainsi que ce que recèlent les cœurs" (40/19). Commentant ce verset, Ibn Abbâs dit : "Il s'agit de l'homme qui regarde les attraits d'une femme lorsqu'elle passe près de lui ou lorsqu'il entre dans un lieu où elle se trouve. Puis, lorsqu'on remarque ce qu'il fait, il baisse son regard. Dieu sait que cet homme voudrait pouvoir regarder des parties plus intimes de cette femme..." (Fat'h ul-bârî, tome 10 p. 13)
    Dans deux autres versets qui se font suite, Dieu dit, s'adressant d'abord aux hommes : "[O Muhammad,] dis aux croyants de baisser leur regard et de rester chastes. C'est là cause de plus de pureté pour eux. Dieu sait ce qu'ils font.
    Et dis aux croyantes de baisser leur regard, de rester chastes, de ne montrer de leurs attraits que ce qu'il paraît et de rabattre leur foulard sur leur poitrine…"
    (Coran 24/29-30)

    Et à toute femme – qu'elle soit d'Occident ou d'Orient – qui se plaint d'être gênée par des regards posés sur telle ou telle partie de son anatomie, le message de l'islam est en quelque sorte : "Vos complaintes sont tout à fait compréhensibles. Et rien ne justifie ces regards gênants venant des hommes, car il est demandé de façon obligatoire à ces derniers de maîtriser leur regard et de purifier leur cœur. Mais vous savez comment sont ces hommes ! Alors, pour éviter les effets, évitez-en les causes : habillez-vous avec des vêtements moins courts et moins moulants."

    1) Car c'est là un des objectifs de la tenue que l'islam propose à la femme : protéger ses attraits personnels des regards masculins chargés d'instinct.
    2) D'une façon plus générale, la femme rappelle et exprime ainsi la dimension sacrée de son être, qui n'est pas réductible à "un corps" et aux attraits de celui-ci.
    3) Un autre objectif de cette tenue est de préserver hommes et femmes d'adopter la même apparence globale.


    Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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    Mon, 01 May 2006 16:28:33 GMT http://problemesarabes.dzblog.com/article-40338.html
    Nous sommes à la croisée des chemins http://problemesarabes.dzblog.com/article-40336.html Les attentats perpétrés à New York et à Washington marqueront sans doute un tournant dans l'histoire des Etats-Unis, mais aussi dans celle de l'humanité. Un crime a été commis, incompréhensible, injustifiable. Et ceux qui en sont les auteurs doivent être retrouvés et traduits en justice pour y être jugés. Mais qui dit jugement dit preuves tangibles et suffisantes.

    On a retrouvé certes des éléments permettant de remonter la filière Ben Laden. D'après des experts britanniques – dont William Wallace, professeur en relations internationales à la London School of Economics –, ces éléments ne sont cependant pas suffisants pour constituer un dossier d'accusation. Anthony Scrivener, un des plus célèbres juristes britanniques, écrivait pour sa part dans le Times du vendredi 5 octobre : "Cela fait réfléchir de constater qu'il faut des preuves plus solides pour juger un voleur à la tire que pour déclencher une guerre".

    D'un autre côté, des pays occidentaux ont beau appeler leurs populations à ne pas faire l'amalgame entre terroristes et musulmans, le mal est fait : les images – maintes fois passées – des combattants afghans montrant des exemplaires du Coran, sur fonds sonores de psalmodie de versets coraniques ou de chants arabes… ont eux aussi fait leur chemin dans les esprits. Après tout, dira-t-on, ne serait-ce pas le Coran lui-même qui contiendrait en germe cet appel à la violence ? Et on s'empresse d'aller chercher des passages coraniques pour essayer de le prouver. On sort des versets de leur contexte, on néglige les versets disant que le Coran donne priorité à la paix (Coran 8/61), fait une différence entre les pays non-musulmans avec qui un pays musulman est en état de belligérance et ceux avec qui il est lié par un traité de paix (8/75, 4/90 et 4/92), et rend obligatoire une déclaration de guerre (8/58) en cas de conflit armé justifié opposant deux pays liés par des traités (c'est le cas aujourd'hui, puisque ces pays ont signé la charte de l'ONU), déclaration qui doit, comme l'ont relevé à l'unanimité les savants musulmans, être faite par un chef d'Etat et non par un simple individu.

    D'un autre côté encore, des Candides actuels, formés à l'école du XVIIIème siècle, profitent de l'occasion pour rappeler leur message de toujours : "Pour éviter les fanatismes, le plus simple aurait été de supprimer les religions, responsables des plus grands massacres qu'a connus l'humanité". C'est cependant oublier le nombre autrement plus élevé de morts qu'ont engendré, au cours du XXème siècle, la première et la seconde guerre mondiales (8 et 50 millions de morts respectivement), les bombes nucléaires lancées contre le Japon et les décennies du stalinisme en URSS : où est la part des religions là-dedans ? Je me demande ce que Voltaire aurait écrit s'il avait vécu au 20ème siècle et était passé, dans les années 40 et 50, à Berlin, à Moscou, à Prague, à Hiroshima, et à… New York (lors du maccarthysme). La vérité est que les fanatismes ne sont pas l'apanage de certains religieux. Il y a là, hélas, un trait commun à certains humains, qu'ils soient croyants ou pas.

    De tout cela on n'en a cure. La "résistance de la civilisation contre la barbarie" demande, commande, dit-on, "le combat du bien contre le mal".

    Ce chemin-là est très dangereux. On n'en mesure pas les conséquences, et pourtant elles risquent d'être incalculables. Et tout le monde y sera perdant. Tout le monde. Déterminés à trouver un bouc émissaire pour relever leur dignité bafouée, les Etats-Unis semblent ne pas s'apercevoir que les effets d'une attaque en Afghanistan seront, à moyen voire à court terme, très graves. Les conséquences seraient dramatiques pour la région : le Pakistan, l'Iran, l'Inde : que se passera-t-il au niveau des populations des ces pays ?

    C'est pourquoi il faut dire non à ce chemin-là. Un autre chemin existe, c'est celui de la justice. La solidarité sur le plan humain avec les USA n'empêche pas l'exigence que des preuves tangibles soient apportées. L'ONU, dont le rôle est justement d'arbitrer les conflits internationaux sur la base du droit, doit faire entendre sa voix et exprimer sa présence.

    Dans le même temps, ces attentas pourraient être considérés comme un signal d'alarme indiquant un malaise généralisé. Les Etats-Unis pourraient, sur la base de ce drame, partir d'un nouveau pied après s'être interrogés sur leur politique extérieure, qui attise les haines en différents endroits sensibles de la planète. Il faut condamner ce genre d'attentats, aucune cause ne méritant que l'on tue des innocents, qui plus est de cette manière atroce (le Prophète Muhammad – sur lui la paix – avait interdit l'emploi du feu pour tuer lors de conflits armés, comme il avait toujours refusé que l'on tue des civils innocents). Mais, parallèlement à cette condamnation, il faut se dire que la politique à géométrie variable qui est menée dans le monde d'aujourd'hui engendre la haine, et que c'est cette haine qui crée des attentats aussi horribles. Que dire de la politique américaine dans le conflit israélo-arabe ? Que dire du massacre quotidien des civils et enfants innocents qu'entraîne la politique américaine en Irak ? La haine et les conflits ne pourront se résorber que dans une optique globale de la paix dans le monde, laquelle ne se fera qu'en prenant réellement en compte les droits de l'ensemble des peuples en présence.

    Pour cela, cinq points sont, à mon sens, significatifs :


    1. Il s'agit d'abord de se rappeler que le monde est devenu un village planétaire, où les décisions mises en place en un lieu donné ont des retombées universelles (c'est sur ce principe que Cheikh Khâlid Saïfullah, juriste musulman indien, m'a personnellement dit que les Taliban n'auraient pas dû détruire les Bouddhas de Bamiyan même s'il n'y a plus de bouddhistes en Afghanistan, car le monde étant devenu un village, les retombées sur les autres pays sont dramatiques).
    2. Il s'agit ensuite de développer le sentiment réel – et non pas feint – d'appartenir à un même genre – la famille humaine – au-delà de nos différences de religion, de couleur de peau et d'yeux, de langue et de civilisation.
    3. Il faut encore développer partout l'idée qu'il existe une différence entre "modernisation" et "occidentalisation", et que le modèle occidental n'est pas le seul modèle qui puisse offrir aux hommes des droits et une vie dans la justice, la liberté et le bonheur.
    4. Il faut également comprendre que ce qui ne sefait pas comme l'Occident ne se fait pas forcément contre lui : les sociétés majoritairement musulmanes ne veulent pas bâtir un modèle qui soit en réaction par rapport à l'Occident, elles veulent être fidèles à leurs sources (al-assâlah) tout en tenant compte de la contemporanéité (al-mu'âssarah) : la différence est considérable !
    5. Enfin, il doit y avoir la reconnaissance effective (et non pas seulement théorique) du droit des cultures non-occidentales à exister sur terre, à établir les objectifs qui leur sont propres et à choisir, parmi tous les moyens modernes permettant d'atteindre ces objectifs, ceux qui sont conformes à leur éthique.


    Tant que ces points ne seront pas appliqués autrement que sur les pages des discours officiels, tous les slogans de "coexistence pacifique des civilisations" ne seront que de belles paroles et de beaux textes, tandis que la réalité du terrain continuera à engendrer une haine aussi grande que ses effets seront dévastateurs. Il ne nous restera plus, alors, que les larmes et le sang quand les fruits empoisonnés des préjugés, des malentendus et, partant, de cette haine, engendreront les pires scénarios à l'échelle planétaire.

    Nous sommes à la croisée de chemins. Il faut choisir aujourd'hui le chemin qui doit mener le monde là où il peut être demain.
    Saurons-nous choisir ?

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    Mon, 01 May 2006 16:22:15 GMT http://problemesarabes.dzblog.com/article-40336.html
    Ce que les musulmans peuvent apporter à l'Occident aujourd'hui http://problemesarabes.dzblog.com/article-40334.html
    Transmis par: Anas
    Sujet actif
    Islam et Occident en dialogue
    Islam et Occident en dialogue
    alt1 De ce que l'Islam a apporté au monde dans le passé, les chercheurs (qui ne furent pas toujours des musulmans) ont beaucoup parlé, écrit et disserté. Il faut continuer à le faire. Aujourd'hui cependant, s'il est nécessaire de se souvenir que Le soleil d'Allah brille sur l'Occident (Sigrid Hunke, Albin Michel), il faut également montrer que ce soleil est une fois de plus en mesure d'éclairer le monde contemporain et qu'il est capable de réchauffer encore et toujours les âmes angoissées. C'est dans ce sens que nous abordons ci-dessous certains points, que les musulmans peuvent apporter à l'Occident aujourd'hui.

    1. Des limites et des repères solides, applicables par effort de raisonnement

    Alors que l'Occident se questionne lui-même aujourd'hui sur les limites éthiques que posent aujourd'hui les possibilités scientifiques et technologiques, les musulmans peuvent lui apporter leur contribution par le biais de ce que l'islam a offert dans ce domaine : des principes fermes mais pas écrasants, solides mais suffisamment souples pour être applicables par le biais de l'effort de raisonnement (ijtihâd).
  • Rester fidèle aux références veut-il dire retourner vivre avec la technologie du VIIème siècle ?
  • L'ijtihâd (le raisonnement à partir des textes des sources)
  • Prendre en compte le contexte ('urf)


    2. Une conception positive mais équilibrée de l'homme et de sa vie sur terre

    L'islam considère l'homme, en soi, comme un gérant de la terre, y ayant été nommé par Dieu. L'homme ne porte pas de péché originel mais naît au contraire innocent et apte à apprendre, à comprendre le monde qui l'entoure. Ce monde est fait pour que l'homme en tire profit et puisse mener une vie de bonheur et de sérénité. Pour cela cependant, il lui faut réaliser un équilibre dans sa vie. Cela lui est possible par la divinisation de Dieu seul, divinisation qui relativise son attachement aux choses du monde en même temps qu'elle lui montre l'objet de son adoration et de sa spiritualité.


    3. La dignité de l'homme et de la femme

    De par cette conception même de la vie et du rôle sur terre que l'islam offre à l'homme et à la femme, il est impossible de les considérer comme des homo economicus ou des machines à produire et à consommer. Impossible également de voir en eux et avant tout des corps à exposer le plus possible. Impossible de ne pas tenir compte de leur nature dans sa globalité.

  • Des qualités humaines (khuluq) à développer
  • La perfection dans le monothéisme (at-tawhîd al-kâmil)
  • La liberté humaine, vue de l'intérieur


    4. L'unité du genre humain

    L'islam offre au monde le concept de l'unité du genre humain, issu d'un seul et premier couple. Aucun humain, aucune famille humaine ni aucune ethnie humaine ne peuvent prétendre en tant que tels à une supériorité de théorie ou de fait sur le reste du genre humain. Le concept de nationalité est pris en compte en islam, qui y voit l'expression de particularités secondaires, culturelles, des différents groupements humains. Mais pas celui de nationalisme, porteur de violence et responsable de guerres effroyablement sanglantes : 50 millions de morts pour le conflit le plus meurtrier que l'humanité ait connu. Dans le Coran, Dieu dit aux hommes : "O les hommes, Nous vous avons créé à partir d'un homme et d'une femme. Et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus afin que vous vous connaissiez. Le plus noble d'entre vous auprès de Dieu est le plus pieux. Dieu est savant, informé." (Coran 49/13)


    5. Une conception de Dieu non humanisé, ni distant et éloigné

    Dieu tel que le présentent les sources de l'islam n'est pas humanisé : Dieu est Dieu, les hommes sont les hommes. Pour l'islam, Dieu n'a donc pas créé les hommes à son image, pas plus que les hommes ne peuvent le représenter sous les traits d'un vieillard à barbe blanche. Dieu est au-dessus de tout ce que les hommes peuvent imaginer.
    En même temps, cependant, Dieu n'est pas lointain et distant au point qu'il faudrait une institution humaine pour servir d'intermédiaire entre Lui et celui qui veut Lui parler. Au contraire, Dieu est proche de l'être humain. "Et lorsque mes serviteurs te questionnent (ô Muhammad) à mon sujet, (réponds-leur que) Je suis proche. Je réponds à l'appel de celui qui appelle lorsqu'il m'appelle" (Coran 2/ 186).
    En islam, le lien avec Dieu se fait directement pour chacun, et non par l'intermédiaire d'un homme ou d'un groupe d'hommes.
  • Il n'y a pas de clergé en islam

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    Mon, 01 May 2006 16:21:07 GMT http://problemesarabes.dzblog.com/article-40334.html
    la question du "riba" http://problemesarabes.dzblog.com/article-40333.html 1) Qu'est-ce que l'intérêt perçu sur les prêts ? Qu'est-ce que l'islam a interdit à propos de cet intérêt ?

    Il s'agit du surplus qui est perçu lors du remboursement d'un prêt et qui avait été stipulé comme condition ("qardhu darâhima aw danânîra ilâ ajal ma'a shart iz-ziyâda" : Ahkâm ul-qur'ân, al-Jassâs, tome 2 p. 184 ; "al-qardhu 'alâ an yu'addâ ilayhi akthara aw afhdlala min mâ ukhidha" : Hujjat ullâh il-bâligha, Shâh Waliyyullâh, tome 2 p. 283 ; en Sahîh al-Bukhârî, n° 3603, est rapportée une parole de Abdullâh ibn Salâm où il dit à Abû Burda, qui résidait en Irak, de refuser de prendre même ce que son débiteur lui offrirait comme petit présent ; Ibn Hajar commente : "Yahtamilu an yakûna dhâlika ra'ya 'abdillâh ibni salâm ; wa illâ fal-fuqahâ'u 'alâ annahû innamâ yakûnu riban idhâ sharatah ; na'am : al-wara'u tarkuh : Fat'h ul-bârî tome 7 p. 166 ; "kullu qardhin-ushturita fîhi-n-naf'u muqaddaman" : Fawâ'ïd ul-bunûk hiya-r-riba-l-muharram, al-Qardhâwî, p. 54 ; voir également le fait qu'il y ait condition et que le surplus soit en contrepartie de délai accordé in Islâm aur jadîd ma'âshî massâ'ïl, Khâlid Saïfullâh, p. 36).
    L'intérêt est donc présent dans un prêt dès que trois conditions y sont présentes :
    1) il y a un surplus par rapport à la somme initiale (le prix fixé dans le cas d'une vente, ou la somme prêtée dans le cas d'un prêt) ;
    2) ce surplus est la pure contrepartie du délai ;
    3) ce surplus fait l'objet d'une condition dans la transaction (que cette condition ait été mentionnée explicitement ou qu'elle soit considérée comme présente à cause de l'usage).

    Il n'y a pas de différence en islam entre intérêt et usure.
    Il n'y a pas non plus en islam de différence entre les prêts à intérêt destinés à la consommation et les prêts à intérêt destinés à l'investissement.
    Il n'y a pas non plus en islam de différence entre les intérêts qui augmentent au fil du temps quand le débiteur ne parvient pas à régler sa dette, et les intérêts fixés une fois pour toutes au moment du prêt.
    Le fait de percevoir des intérêts grâce à un compte épargne, c'est également percevoir de l'intérêt.

    De plus, il faut savoir que si l'islam a interdit de percevoir de l'intérêt sur les prêts (akl ar-ribâ), il a aussi interdit de contracter un emprunt à intérêt et de verser cet intérêt (îkâl ar-ribâ) (voir les Hadîths rapportés par al-Bukhârî, n° 5032, Muslim, n° 1597). Aucune circonstance exceptionnelle ne peut autoriser la pratique du prêt à intérêt. Par contre, dans un cas de nécessité absolue (dharûra), une personne peut être amenée exceptionnellement à avoir recours à l'emprunt à intérêt ; les conditions en sont malgré tout très sévères et cela ne peut être traité qu'au cas par cas par le mufti de chaque localité (voir ces conditions dans Jadîd fiqhî massâ'ïl, pp. 394-395, et surtout dans Al-halâl wal-harâm, pp. 232-233). Dans un autre Hadîth (rapporté par Muslim, n° 1598), le Prophète a aussi interdit d'écrire (kitâba) des contrats de prêts à intérêt et de servir de témoin (shahâda) à de tels contrats.


    2) Pourquoi l'islam a-t-il interdit l'intérêt alors qu'il a autorisé le profit sur la vente et le loyer sur les locations ?

    Dieu dit dans le Coran : "Dieu a permis la vente et interdit l'intérêt" (Coran 2/275). Il s'agit de l'intérêt perçu sur les prêts ("ar-riba fil-qurûdh"). Le Coran et les Hadîths n'ont fait que dire la règle sans en mentionner la raison. Ce sont des savants musulmans qui ont fait des efforts pour exprimer cette différence. Ce qui suit est extrait de leurs recherches.

    1.1) L'intérêt est un gain obtenu sans travail et sans prise de risque digne de ce nom :

    L'intérêt constitue un prélèvement, sans participation aucune (même au niveau d'une simple prise de risque), sur le travail d'autrui (cf. L'économie dans l'islam, Ben Halima Abderraouf, p. 11). L'intérêt est un loyer obtenu sur le prêt de monnaie, ou encore un bénéfice obtenu sur la vente de monnaie. Or l'islam rend nécessaire que le gain résulte d'un travail ou au moins d'une participation par la prise de risque (cf. Fawâ'ïd ul-bunûk hiya-r-riba-l-muharram, al-Qardhâwî, p. 47). Nous allons voir ci-après en quoi l'intérêt diffère aussi bien du loyer perçu sur les services et les locations que du bénéfice obtenu à partir du commerce d'autre chose que la monnaie...

    1.2) Pourquoi l'intérêt n'est-il pas comparable au loyer perçu sur les services et les locations ?

    Certaines personnes justifient l'intérêt en le présentant comme la contrepartie du service que constitue la location de la monnaie. Elles disent : "Vous dites qu'il est injuste que le propriétaire de l'argent touche une somme fixe et certaine sur la somme d'argent qu'il a prêtée, et que les risques de perte soient supportés seuls par celui qui a emprunté cet argent pour monter son entreprise ! Or vous autorisez bien le fait que les propriétaires d'immeubles, de machines, de camions, etc. touchent une somme fixe et certaine lorsqu'ils louent ces biens à celui qui monte son entreprise ! Pourtant, ici aussi celui qui a monté son entreprise et emploie ces biens pour la faire fonctionner supporte seul les risques de perte ; en effet, ceux qui lui ont loué ces biens touchent eux une somme fixe et certaine, que vous appelez un loyer et que vous autorisez. L'intérêt perçu sur l'argent est donc semblable au loyer perçu sur les immeubles, machines et camions loués !"

    La réponse est qu'en fait, loyer et intérêt ne sont pas la même chose. Tout tient au caractère particulier de la monnaie par rapport aux autres biens matériels. Lors de la vente de services (ce qu'on appelle une location), la somme appelée loyer est une compensation parce que l'objet qui est loué s'use peu à peu et perd donc de sa valeur au fil du temps. Il est donc tout à fait normal qu'une contrepartie soit donnée au propriétaire pour le service qu'il en a rendu possible en le louant. Cependant, si l'islam a permis la location des biens tels que ceux évoqués (c'est une vente des services) et a interdit la "location de la monnaie", c'est eu égard au statut particulier de la monnaie : qu'on la possède ou qu'on l'ait empruntée, qu'elle soit sous forme de pièces ou de billets, la monnaie ne peut pas être utilisée par elle-même, mais doit nécessairement, pour pouvoir être utilisée, être échangée contre un autre bien que possède une autre personne (ce qui est tout à fait normal puisque la monnaie est, par définition même, ce qui sert de valeur de réserve et d'échange). Or la valeur de la monnaie ne diminue pas à cause de cet échange et de cet usage, contrairement aux autres biens qui sont loués. La contrepartie n'a donc pas de raison d'être.

    1.3) Pourquoi l'intérêt n'est-il pas comparable au bénéfice perçu sur la vente ?

    Dès l'époque du Prophète (sur lui la paix), les idolâtres de la Mecque – parmi lesquels il y en avait qui s'enrichissaient par les prêts à intérêt – avaient fait l'objection suivante : "Comment l'intérêt perçu sur les prêts d'argent pourrait-il être interdit quand, selon l'islam même, le bénéfice perçu sur les ventes de marchandises est autorisé ? Le (bénéfice perçu sur) la vente est après tout semblable à l'intérêt (perçu sur le prêt) !"

    La réponse est qu'en fait, non, les deux ne sont pas du même type. Celui qui vend une marchandise l'a soit lui-même fabriquée en assemblant et en travaillant des matières premières, soit l'a achetée toute faite à quelqu'un d'autre. Le bénéfice qu'il perçoit est, dans le premier cas, la contrepartie de la valeur qu'il a ajoutée aux éléments composant la marchandise, et, dans le second cas, la contrepartie du transport et de la prise de risque qu'il a supportées. Acheteur comme vendeur tirent donc profit de la transaction qu'ils ont réalisée, le premier en obtenant la marchandise qu'il va utiliser ou va revendre, le second en prenant un bénéfice. Chacun a pris possession de son bien, et l'affaire est close.
    Par contre, un prêt n'est pas une vente, et l'intérêt que prend celui qui prête de l'argent n'est la contrepartie ni d'une valeur ajoutée, ni d'un transport, car il n'y a rien eu de tout cela ; l'intérêt n'est la contrepartie que du délai accordé à celui qui lui a emprunté l'argent. Or la contrepartie sur un délai pur n'est pas équitable. En effet, si l'emprunteur a contracté le prêt pour acheter des biens ou des services qu'il consommera lui-même, alors il est certes équitable qu'il rembourse la somme empruntée, mais il n'est pas normal qu'il doive payer un surplus pour le seul délai qui lui a été accordé. Et si l'emprunteur a contracté le prêt pour investir dans un projet commercial ou industriel, il est équitable qu'il rembourse le prêt mais il ne l'est pas que toute perte soit comptée au détriment de l'emprunteur alors que le prêteur soit pour sa part certain de toucher son "bénéfice" – l' "intérêt" – sur le délai. Ouvrir la porte à une contrepartie du seul délai, c'est ouvrir la porte à l'exploitation la plus grande. En effet, si l'emprunteur ne peut pas s'acquitter de ce qu'il doit à l'échéance voulue, le délai étant prolongé, la contrepartie le sera d'autant, ce qui multipliera le montant dû. Je connais ainsi un homme qui avait monté une affaire et avait pour cela contracté un emprunt classique à intérêt. Son affaire a fait faillite et il s'est retrouvé avec une dette de 50 000 francs français à payer à l'organisme à qui il avait emprunté l'argent. Il a pu ensuite retrouver du travail avec un petit salaire, mais il ne peut pas se sortir du cycle de l'intérêt : avec son petit salaire il doit faire vivre sa famille et ne peut régler, du montant de sa dette, qu'environ 1000 francs chaque mois. Or, grâce aux pénalités de retard (= la contrepartie du délai, autrement dit l'intérêt), sa dette à l'égard de l'organisme reste à un niveau quasi-constant (50 000 francs) bien qu'il règle 1000 francs chaque mois depuis quelques années ! Et chaque mois il règle environ 1000 francs de sa dette, et chaque mois elle augmente d'autant… Ce qui fait qu'il est condamné à payer 1000 francs durant le restant de ses jours jusqu'à ce que quelque chose d'autre lui arrive ! Comment s'en sortira-t-il, le pauvre ?
    Je disais qu'un prêt d'argent n'est pas une vente et qu'aucun profit n'est possible lors d'un prêt, contrairement à ce qui se passe lors d'une vente. Cependant, dans le cas d'une vente aussi il peut y avoir de l'intérêt au cas où s'y réalise le principe "somme d'argent comme pure contrepartie du délai". C'est bien pourquoi même ceux des savants qui pensent que la vente à tempérament (bay' bit-taqsît) est permise y mettent comme condition que le prix à payer soit fixé une fois pour toutes au moment de conclure l'acte, et qu'il ne subisse ensuite plus d'augmentation ; cliquez ici pour lire mon article sur le sujet. C'est aussi pourquoi l'escompte n'est pas autorisée (dha' wa ta'ajjal) ; il s'agit du cas où le prix et l'échéance du paiement ont été fixés, mais où le vendeur édicte comme condition pour accorder une ristourne à l'acheteur que celui-ci le paie avant l'échéance fixée : ici aussi une partie de la somme est devenue une pure contrepartie du délai, et cela est donc interdit (voir Islâm aur jadîd ma'âshî massâ'ïl, pp. 271).

    1.4) Oui, mais... que l'acheteur doive payer des intérêts, cela ne constitue-t-il pas une garantie pour le vendeur d'être payé dans les temps ?

    De toutes les choses que les textes de la révélation ont déclaré interdites, certaines ne contiennent que ce qui est nocif à l'être humain (sur le plan physique, sur le plan spirituel, sur le plan mental, sur le plan familial, sur le plan social ou autre) ; d'autres choses contiennent à la fois ce qui est utile et ce qui est nocif pour l'être humain, mais ce qui est nocif domine ce qui est utile, et les textes de la révélation les ont donc strictement interdites. Ainsi en est-il de l'alcool, dont Dieu dit explicitement qu'il contient ce qui est utile mais aussi ce qui est nocif (Coran 2/219). L'alcool procure par exemple à l'organisme une sensation de chaleur et l'aide ainsi à supporter le froid, mais cet avantage n'est pas suffisant pour contrebalancer les ravages qu'il cause par ailleurs ; Dieu l'a donc strictement interdit. "Et il se peut que vous aimiez quelque chose alors qu'elle est nocive pour vous. Dieu sait…" (Coran 2/216). Un Compagnon habitant une région froide d'Arabie avait ainsi demandé au Prophète si les musulmans de cette région pouvaient absorber une boisson faite à partir du blé, qui les aidait à supporter le froid et les durs travaux. "Cette boisson cause-t-elle l'ivresse ? s'enquit le Prophète. - Oui. - Eh bien vous devez vous en abstenir" (rapporté par Abû Dâoûd, n° 3683).
    De même, l'intérêt contient certes des avantages sur le plan économique, parmi lesquels ceux mentionnés dans la question. Cepedant, ceux-ci ne sont pas suffisants pour contrebalancer ce qui y est nocif sur le plan social, et Dieu a donc strictement et absolument interdit l'intérêt. Les avantages que contient l'intérêt doivent donc être recherchés par d'autres moyens, qui ne présentent pas les inconvénients de l'intérêt et qui sont donc autorisés. Ainsi, l'avantage qui est d'amener la personne à payer à l'échéance fixée peut être obtenu par les moyens suivants : on peut demander à cette personne de laisser quelque chose en gage (rahn), ou bien de prendre la caution d'une tierce personne (kafâla). Il est également possible, dans le cas d'une vente à crédit, d'ajouter une "option de paiement à une échéance fixée" ("khiyâr an-naqd", qu'autorisent les écoles hanafite et hanbalite – voir Jadîd fiqhî massâ'ïl, p. 353) : en cas de non paiement à l'échéance, la vente est automatiquement résiliée. Il y a encore la possibilité, dans le cas d'une vente à tempérament – dans laquelle une partie du prix est payée à échéances régulières –, qu'en cas de retard mis à payer une échéances, le crédit soit résilié et que le vendeur ait le droit de réclamer le paiement immédiat de toutes les autres échéances (Islâm aur jadîd ma'âshî massâ'ïl, pp. 273-274). Il s'agit d'autres solutions permettant, sans le recours à l'intérêt, d'amener l'acheteur à payer dans les temps.

    1.5) L'économiste Keynes et l'intérêt

    Dans son étude des travaux de l'économiste Keynes, Hubert Houdoy écrit : "L'obstacle à l'investissement et à l'emploi est l'ensemble des taux d'intérêt. (…) Pour cela il faut réduire l'usage spéculatif de la monnaie. "Le seul remède radical aux crises de confiance qui affligent la vie économique moderne serait de restreindre le choix de l'individu à la seule alternative de consommer son revenu ou de s'en servir pour faire fabriquer l'article de capital qui, même avec une faible évidence, lui paraît être l'investissement le plus intéressant qui lui soit offert" (Keynes, p. 176). On peut voir en Keynes un précurseur du partenariat. Et cela est tout à fait cohérent avec sa condamnation de l'intérêt, son apologie de l'investissement, son insistance sur la confiance et sur les anticipations. Les seuls bons usages du revenu monétaire sont la consommation et l'investissement. La monnaie est la meilleure et la pire des choses. Elle permet l'action à grande échelle quand les anticipations sont optimistes. Elle provoque la crise brutale quand le doute s'installe. C'est à tort que chacun compte sur elle pour se protéger. "Puisque les marchés financiers organisés sont soumis à l'influence d'acheteurs qui ignorent pour la plupart ce qu'ils achètent et de spéculateurs qui s'intéressent plus à la prévision du prochain changement de l'opinion boursière qu'à l'estimation rationnelle du rendement futur des capitaux, il est normal, lorsqu'une déception frappe un marché surévalué et trop optimiste, que les cours baissent d'un mouvement soudain et même catastrophique" (Keynes, p. 329)" (fin de citation, extrait du site du Réseau d'Activités à Distance).

    1.6) A méditer…

    Les épargnants déposent une partie de leur argent à la banque pour qu'en échange elle leur verse un taux d'intérêt fixe (d'environ 4%). La banque prête aux industriels (à un taux d'environ 8%) les capitaux nécessaires pour qu'ils puissent fabriquer les biens de consommation. Or, qui finance ces 8% d'intérêts que les industries doivent à la banque ? Ce sont les épargnants eux-mêmes, lorsqu'ils achètent les biens de consommation que leur épargne à servi à fabriquer ! En effet, les industries inscrivent le pourcentage d'intérêt dans le coût de revient des choses de consommation. Le peuple touche donc, sur son argent épargné, un intérêt au taux d'environ 4%, mais, parallèlement, paie sur les biens qu'il achète l'intérêt qui a servi à leur fabrication, au taux d'environ 8%.


    3) Quelle alternative à l'intérêt ?

    La murâbaha : alternative au prêt à intérêt destiné à la consommation. Dans le cas classique où l'organisme de crédit accorde un prêt à intérêt à son client pour que celui-ci achète une voiture, le client prend possession de la somme prêtée et la dépense pour acheter ce dont il a besoin. Puis il rembourse au fur et à mesure la somme qu'il a empruntée plus les intérêts. Si la voiture coûte 10 000 € et que le client a pu bénéficier d'un prêt de ce montant, il remboursera par exemple 15 000 € sur cinq ans.
    Dans le cas de la murâbaha, le client adresse une demande à l'organisme de crédit concernant la voiture qu'il désire acheter. Si l'organisme accepte sa demande, il considère celle-ci comme étant une promesse d'achat de la part de son client, il achète la voiture en son nom propre puis la revend au client avec un bénéfice, le tout étant payable par échéances. On pourrait dire : "Le résultat est le même : ici aussi, pour une voiture que l'organisme achètera au prix de 10 000 €, le client la paiera 15 000 € sur cinq ans." Mais en fait non, il y a des différences. 1) Dans le cas de la murâbaha, si la marchandise livrée ne correspond pas aux caractéristiques énoncées, alors ce sera l'organisme de crédit qui fera les démarches pour que le fournisseur reprenne son bien. 2) De même, si la marchandise connaît des problèmes d'acheminement, ce sera cet organisme qui se chargera de relancer le fournisseur ou le transporteur. 3) Et si cet organisme a déjà pris possession de cette marchandise et que celle-ci a été détruite par un incendie avant qu'elle le remette à son client, la destruction se fera aux dépens de l'organisme. 4) Enfin, en cas de retard dans le paiement du prix convenu par son client, cet organisme ne pourra pas majorer ses échéances d'indemnités. Quatres points qui font la différence entre le recours à la murâbaha et le recours au prêt à intérêt ; quatre points qui découlent tous de la même différence de forme juridique entre les deux transactions : dans la murâbaha, c'est l'organisme de crédit qui achète la marchandise en son nom, et toutes les règles concernant l'acheteur s'appliquent à lui. Aussi, entre le moment où l'organisme a acheté puis a réceptionné la marchandise et le moment où le client en prend possession après l'avoir achetée, l'organisme est entièrement responsable de cette marchandise. En 1983, un organisme de crédit islamique du Qatar, pratiquant la murâbaha, avait, sur la demande son client (une entreprise qatariote vendant des meubles), acheté un conteneur de meubles en Allemagne. Le navire sur lequel ce conteneur était acheminé appartenait à une compagnie d'armement grecque, et celle-ci fit faillite alors que le navire faisait escale en Egypte. Ce fut l'organisme de crédit – et non le client – qui dut entreprendre toutes les démarches concernant le conteneur. La même entreprise qatariote avait commandé d'autres meubles, qui se trouvaient sur le même navire, mais avait acheté ceux-là en ayant recours à un emprunt à intérêt classique, conclu chez une banque. Eh bien concernant le conteneur où se trouvaient ces meubles, l'entreprise dut se débrouiller elle-même, et la banque ne voulut rien savoir : elle s'en tenait aux échéances prévues pour son remboursement (pour plus de détails, lire Bay' al-murâbaha lil-amr bi-sh-shirâ kamâ tujrîhi-l-masârif al-islâmiyya, Al-Qardhâwî).

    La mudhâraba : alternative au prêt à intérêt destiné à l'investissement. Cette solution aussi permet à l'épargnant, détenteur de capitaux, d'investir, et à celui qui veut travailler de bénéficier de capitaux. Mais, contrairement au prêt à intérêt, ici celui qui apporte le capital partage les profits et les risques avec celui qui va travailler ; par exemple : "60% des bénéfices iront au bailleur de fonds, 40% iront au propriétaire de l'entreprise".
    Imaginez par exemple que l'épargnant investisse 5000 € dans une société qu'il monte avec le travailleur et qui est destinée à vendre des vêtements en porte à porte. L'accord prévoit que 60% des bénéfices et des pertes seront pour l'épargnant, et 40% pour celui qui fournit le travail. 3700 € sont investis dans une voiture, 800 € dans les vêtements à vendre, et 500 € restent dans la caisse pour les besoins divers. Le travailleur réussit à vendre les vêtements à 1800 €. 800 €, qui correspondent à la somme dépensée pour l'achat des vêtements, sont remis dans le capital initial ; le bénéfice, qui s'élève à 1000 €, est partagé à hauteur de 600 € pour l'épargnant et 400 € pour celui qui a fourni le travail.
    Imaginez maintenant que les vêtements achetés (contre la somme de 800 €) ne se vendent pas ; il faut bien en prendre conscience : on a fait une mauvaise affaire. Imaginez alors que ces vêtements soient cédés sur un marché aux fripes pour 400 € et qu'il y ait donc eu une perte de 400 €. Alors, si les bénéfices n'avaient pas encore été partagés, cette perte sera décomptée des bénéfices. Sinon elle sera décomptée du capital. Le risque de perte s'applique donc aussi bien à la force productive du capital qu'à la force productive de l'effort intellectuel et physique de celui qui travaille.


    4) Des formes de vente où il y a risque de présence ou bien ressemblance avec l'intérêt sur les prêts, et que le Prophète a donc interdites

    "Salaf wa bay'" ("un prêt et une vente") : "Tu achètes ma marchandise et alors je te prête tant d'argent" : en obligeant l'emprunteur à acheter sa marchandise pour pouvoir bénéficier d'un prêt, le prêteur est peut-être en train de toucher de l'intérêt sur le prêt auquel il consent, intérêt qu'il perçoit sous la forme détournée d'un bénéfice perçu en apparance sur la vente. Le Prophète a donc interdit cette formule (rapporté par At-Tirmidhî, n° 1234).

    "Bay' al-'înah" : Anas vend à Yahia une voiture pour dix mille euros, payable à crédit sur un an. Puis Yahia, disant regretter l'affaire, lui revend la voiture pour huit mille euros payables comptant. Résultat concret : la voiture est retournée auprès de son premier propriétaire – Anas –, et au cours des deux échanges, Yahia a bénéficié d'un prêt de huit mille euros qu'il remboursera sur un an au montant de dix mille euros ! Les deux personnes s'étaient peut-être mises d'accord pour dissimuler un prêt classique à intérêt sous la forme d'une vente qu'on regrette, et c'est pourquoi cette forme de vente est interdite. Voir mon article sur le sujet en cliquant ici.

    "Ba'dhu suwar il-muzâra'a" : Louer un terrain agricole fait l'objet de divergences d'avis entre les savants. Tous les savants sont unanimes à dire que la location d'un terrain agricole contre une partie fixe de la récolte n'est pas permise, car il se peut que la récolte soit inexistante (sécheresse) ou disparaisse entièrement (tempête), et la transaction n'est donc pas juste (voir le Hadîth rapporté par Al-Bukhârî, n° 2220). Ce cas interdit mis à part, qu'en est-il des autres formules pour louer un terrain agricole ? Le savant Tâ'ûs est d'avis que seule la formule du partage de la récolte entre propriétaire et locataire est permise, tandis que la formule de la somme d'argent fixe n'est pas autorisée. Tâ'ûs fonde son avis sur un double raisonnement : d'un côté il est établi que le Prophète a dit de ne pas louer un terrain agricole (rapporté par Muslim, n° 1536) ; d'un autre côté, il est établi que le Prophète a fait avec les juifs de Khaybar un contrat prévoyant le partage de la récolte entre le propriétaire (l'Etat musulman) et les agriculteurs (les juifs de Khaybar) (rapporté par Al-Bukhârî, n° 2213). A part cette formule de Khaybar, raisonne Tâ'ûs, toutes les autres formules demeurent sous le coup de l'interdiction. Cet avis se fonde également sur la ressemblance qu'il ya entre ce cas et la "location de monnaie" : ici aussi la terre ne s'use pas et il n'est pas certain que l'agriculteur réussisse à obtenir une récolte de la terre qu'il loue.
    La majorité des savants est cependant d'avis que la location d'un terrain est permise selon les deux formules : soit le propriétaire partage avec le locataire les profits et les risques liés à l'exploitation du terrain agricole ("un tiers de la récolte pour moi, deux tiers pour toi") ; soit le propriétaire perçoit un montant d'argent fixe pour son terrain qu'il loue (voir Sahîh Al-Bukhârî, n° 2220). Ces savants disent que si la terre ne s'use certes pas comme une machine, elle s'use quand même légèrement au point qu'il faille ensuite une jachère ou qu'il faille des engrais pour la rendre de nouveau productive.


    5) L'intérêt perçu dans certains échanges ("ar-riba fil-buyû'")

    Tout ceci concerne l'intérêt perçu sur les prêts. Cette notion d'intérêt, le Prophète l'a ensuite étendue à l'intérêt perçu dans certains échanges (ar-riba fil-buyû'). Cliquez ici pour lire mon article sur le sujet.

    Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).
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    Mon, 01 May 2006 16:19:07 GMT http://problemesarabes.dzblog.com/article-40333.html