Présentation

Lundi 01 Mai 2006
Chacun et chacune savent que si certains des éléments du droit que l'islam offre aux humains sont identiques pour l'homme et la femme, d'autres sont différents : il s'agit de certaines dispositions dans le domaine de l'héritage, du témoignage, etc.

Mais ce qu'il faut également savoir, c'est que ces différences, l'islam ne les explique ni par l'idée que la femme serait de nature plus encline au mal que l'homme, ni qu'elle serait un être humain de seconde zone.


Points communs et particularités

En islam, les différences qui existent, à propos de certaines règles, entre homme et femme, s'expliquent non pas par le fait que la femme serait un être humain incomplet, mais par le fait qu'il s'agit là de deux humains complémentaires : l'un et l'autre ont leur personnalité propre, qui correspond aux particularités d'ordre secondaire que Dieu a inscrites dans leur constitution physique et mentale. Pour plus de détails, lire mon article : Homme et femme sur le plan scientifique.

Deux modèles font dès lors fausse route : le modèle qui fait de la femme un humain incomplet, tout comme le modèle qui présente l'homme et la femme comme deux être humains exactement semblables. Ce deuxième modèle laisse entrevoir des risques de masculinisation de la femme, ou de féminisation de l'homme, ou de l'avènement d'une humanité de type androgyne, scénarios qui pourraient bien se produire et contre lesquels non seulement l'islam, mais aussi des chercheurs occidentaux tels que Elisabeth Badinter mettent en garde (voir son livre L'un est l'autre, Odile Jacob).
C'est pour éviter de tels scénarios que l'islam a placé des repères en amont... Ainsi, parce qu'ils sont tous deux êtres humains à part entière, l'islam a donné à l'homme et à la femme un grand nombre de règles communes... Mais parce qu'ils sont complémentaires et présentent des différences secondaires, l'islam a défini pour l'homme comme pour la femme des priorités différentes et des différences dans certaines règles.


Des particularités à protéger pour respecter les particularités de l'homme et de la femme

L'islam a ainsi interdit à l'homme et à la femme d'imiter ce qui fait les particularités de l'autre sexe. Le Prophète Muhammad (sur lui la paix) a ainsi rapporté l'éloignement, par rapport à la miséricorde divine, "de ceux des hommes qui imitent les femmes et de celles des femmes qui imitent les hommes" (rapporté par Al-Bukhârî, n° 5546, voir également At-Tirmidhî, n° 2784, Abû Dâoûd, n° 4097). L'objectif est bien d'éviter ce contre quoi Elisabeth Badinter a mis en garde.
Ceci explique pourquoi l'islam demande à la femme de se couvrir davantage que l'homme : la raison en est physique autant que psychologique et sociale. Ceci explique aussi pourquoi le témoignage n'est pas du même type chez un homme et chez une femme ; dans les affaires pénales et commerciales, le témoignage masculin a plus de poids, mais dans des affaires féminines, le témoignage féminin est seul valable. Ceci explique encore pourquoi, en islam, la garde de l'enfant en cas de divorce va en priorité (sauf cas de contre-indication) à l'épouse : un homme ne vaut pas une femme dans ce domaine.

Des règles communes par égard pour la nature humaine de l'homme comme de la femme

Parallèlement à ces différences, les hommes et les femmes sont, pour l'islam, des êtres humains à part entière : "Ô les hommes, craignez votre Pourvoyeur qui vous a créé à partir d'un seul être, à partir duquel Il a créé son conjoint, couple à partir duquel Il a disséminé (sur terre) de nombreux hommes et femmes" (Coran 4/1). Le Prophète Muhammad (sur lui la paix) a dit quant à lui : "Les femmes sont les sœurs des hommes" (rapporté par Aboû Dâoûd). Le savant musulman Al-Albânî a déduit de cette phrase que "le principe général est que ce qui est obligatoire pour les hommes l'est aussi pour les femmes, et que ce qui est permis pour eux l'est aussi pour elles. On ne peut faire de différence dans les règlements que là où cela est mentionné dans un texte des sources [ou là où se retrouve un principe extrait d'un texte des sources]." (Silsilat ul-ahâdîth as-sahîha, tome 1 p. 347). Plusieurs siècles avant lui, les savants musulmans Ibn Qayyim et Ibn Rushd avaient eux aussi formulé le même principe (cf. A'lâm ul-muwaqqi'în, tome 1 p. 92, et Bidâyat ul-mujtahid, tome 1 p. 172).


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